📝 Les étapes à suivre
Vérifie d'abord si l'espèce est domestique ou non domestique
Tout part de là : les espèces domestiques (chien, chat, furet, lapin, cochon d'Inde, hamster doré, poules, canaris, perruche ondulée, poissons rouges…) figurent sur une liste officielle fixée par arrêté et se détiennent librement. Tout le reste est « non domestique », même né en captivité et vendu en animalerie : la plupart des reptiles, les perroquets, les tortues, les rapaces, les primates, mais aussi des animaux d'apparence banale. Ce n'est pas l'apparence qui compte mais l'espèce exacte (nom scientifique) : renseigne-toi précisément avant l'achat, un vendeur sérieux doit te dire le régime applicable et te remettre les documents correspondants.
Identifie le régime applicable : détention libre, déclaration ou certificat de capacité
Pour les espèces non domestiques, l'arrêté du 8 octobre 2018 fixe trois régimes selon l'espèce et le nombre de spécimens détenus. Régime 1 : détention libre pour les espèces les moins sensibles, dans la limite de quotas (en nombre de spécimens) ; régime 2 : déclaration de détention auprès de la préfecture (téléprocédure ou formulaire Cerfa), pour certaines espèces ou au-delà des quotas de détention libre ; régime 3 : certificat de capacité + autorisation préfectorale d'ouverture d'établissement, pour les espèces dangereuses (serpents venimeux, grands constricteurs, fauves), protégées ou difficiles d'entretien — un vrai parcours d'éleveur professionnel, avec dossier d'expérience et visite d'inspection. La liste précise espèce par espèce figure en annexe de l'arrêté : c'est LE document à consulter avant toute acquisition.
Vérifie les règles CITES pour les espèces protégées au commerce international
Beaucoup d'espèces exotiques (perroquet gris du Gabon, nombreuses tortues dont la tortue d'Hermann, certains reptiles) sont inscrites à la convention de Washington (CITES) qui encadre leur commerce. Concrètement : pour les espèces de l'annexe A européenne, chaque animal doit être accompagné d'un certificat intracommunautaire (CIC) délivré par la DREAL, être identifié (puce ou bague fermée) et sa cession est encadrée ; pour l'annexe B, le vendeur doit prouver l'origine licite (attestation de cession, numéro d'élevage). Acheter sans ces documents, y compris sur Internet ou à l'étranger, c'est acheter un animal illégal, avec saisie possible et poursuites. Conserve précieusement tous les documents d'origine : ils te seront demandés à chaque contrôle et pour toute revente.
Fais identifier et enregistrer l'animal quand c'est obligatoire
L'identification (puce électronique ou bague) est obligatoire pour de nombreuses espèces non domestiques, notamment les espèces CITES et les espèces soumises à déclaration : elle est réalisée par un vétérinaire et l'animal doit être enregistré au fichier national i-fap (identification de la faune sauvage protégée), l'équivalent de l'I-CAD pour la faune sauvage, dans les jours qui suivent l'acquisition. L'enregistrement coûte quelques euros et se fait en ligne. Sans identification ni enregistrement, impossible de prouver l'origine licite de l'animal : en cas de contrôle (OFB, douanes), l'animal est présumé prélevé dans la nature, avec les sanctions maximales à la clé.
Connais les sanctions et anticipe la vie de l'animal
Détenir sans autorisation une espèce protégée est un délit puni de 3 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende ; détenir sans déclaration ou au-delà des quotas expose à des contraventions, à la saisie des animaux et à leur placement à tes frais. Au-delà du juridique, pense long terme : un perroquet vit 50 ans, une tortue d'Hermann 60 ans, un iguane atteint 1,50 m — beaucoup d'animaux exotiques finissent abandonnés faute d'anticipation, et l'abandon d'une espèce exotique dans la nature est lui-même un délit (risque d'espèce envahissante). Si tu ne peux plus garder l'animal : cession dans les règles (documents, mise à jour i-fap), refuges spécialisés, ou associations de reprise de NAC — jamais la nature, jamais Le Bon Coin sans documents.
Pas de panique !