📋 Squatteurs & Expulsion

Quelqu'un squatte mon logement : que faire ? Procédure complète

Tu rentres chez toi et les serrures ont été changées. Ou ta résidence secondaire est occupée par des inconnus. Pas de panique — et surtout, n'essaie pas de les déloger toi-même (c'est un délit). La loi anti-squat du 27 juillet 2023 a considérablement renforcé tes droits. Voici la marche à suivre.

📝 Les étapes à suivre

1

Fais constater l'occupation par un huissier

Contacte immédiatement un commissaire de justice (ex-huissier) pour faire dresser un constat d'occupation illégale. Ce constat est la pièce maîtresse de ton dossier. Il établit la réalité du squat avec photos, description des lieux et témoignages éventuels. Coût : entre 200 et 400 euros. Tu peux aussi appeler la police pour faire constater l'effraction (article 226-4 du Code pénal).

2

Dépose plainte au commissariat

Rends-toi au commissariat ou à la gendarmerie pour déposer plainte pour violation de domicile (article 226-4 du Code pénal — peine de 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende). Si le logement est ta résidence principale et que l'intrusion date de moins de 48 heures, les forces de l'ordre peuvent intervenir immédiatement pour expulser les squatteurs sans décision de justice.

3

Saisis le préfet pour une expulsion administrative

Depuis la loi anti-squat de 2023 (article 38 de la loi DALO modifié), tu peux demander au préfet de mettre en demeure les squatteurs de quitter les lieux. Le préfet a 48 heures pour répondre à ta demande. Si la mise en demeure est notifiée, les squatteurs ont 24 heures pour partir. En cas de refus, le préfet peut faire intervenir la force publique. Cette procédure s'applique à tout type de logement (résidence principale, secondaire ou vacant).

✍️Le RédacteurGénérer ton courrier au préfet — procédure anti-squat
4

En parallèle : engage la procédure judiciaire

Si la voie administrative échoue ou prend du temps, saisis le tribunal judiciaire en référé (procédure d'urgence). Le juge peut ordonner l'expulsion sous 48 heures à quelques semaines selon les cas. Avec la loi de 2023, le juge doit statuer dans un délai de 6 à 8 semaines maximum. Fais-toi assister par un avocat — l'aide juridictionnelle est possible si tes revenus sont modestes.

5

Fais exécuter la décision d'expulsion

Une fois l'ordonnance d'expulsion obtenue, un commissaire de justice la signifie aux occupants qui disposent d'un délai de 2 mois pour quitter les lieux (sauf urgence). Si les squatteurs ne partent pas, le commissaire de justice demande le concours de la force publique au préfet. Depuis la loi anti-squat, le préfet ne peut plus refuser ce concours pour les squatteurs (contrairement aux locataires en impayés).

📁 Documents nécessaires

Titre de propriété du logement (acte notarié)
Constat d'occupation illégale (commissaire de justice / huissier)
Récépissé de dépôt de plainte
Pièce d'identité du propriétaire
Justificatifs prouvant que le logement est le vôtre (factures, avis d'imposition, bail)
Photos de l'effraction ou de l'occupation
Courrier de mise en demeure au préfet (lettre recommandée AR)

💬 Questions fréquentes

Puis-je expulser un squatteur moi-même ?
Non, absolument pas. L'expulsion de force par le propriétaire est un délit puni de 3 ans de prison et 30 000 euros d'amende (article 226-4-2 du Code pénal). Même si c'est ton logement, tu dois passer par les voies légales (préfet ou tribunal). Changer les serrures, couper l'eau ou l'électricité pour forcer le départ est également illégal.
La procédure est-elle plus rapide depuis la loi anti-squat de 2023 ?
Oui, significativement. La loi du 27 juillet 2023 a triplé les peines pour les squatteurs (3 ans de prison au lieu de 1 an), élargi la procédure administrative d'expulsion à tous les logements (pas seulement la résidence principale), et réduit les délais de réponse du préfet à 48 heures. En pratique, l'expulsion peut intervenir en quelques jours à quelques semaines contre plusieurs mois auparavant.
La trêve hivernale protège-t-elle les squatteurs ?
Non, depuis la loi anti-squat de 2023. Les squatteurs (personnes entrées par effraction ou sans droit ni titre) ne bénéficient plus de la trêve hivernale (du 1er novembre au 31 mars). La trêve continue de protéger uniquement les locataires en situation d'impayés de loyer. C'est une distinction fondamentale.
Combien de temps dure la procédure d'expulsion d'un squatteur ?
Avec la procédure administrative (préfet) : quelques jours à 2 semaines dans le meilleur des cas. Par voie judiciaire (tribunal) : 6 à 12 semaines en moyenne. Si le préfet refuse son concours (rare depuis 2023), comptez 2 à 4 mois supplémentaires. Le recours à un avocat spécialisé accélère généralement la procédure.
Le propriétaire peut-il être indemnisé pour les dégâts causés par les squatteurs ?
Oui, tu peux te constituer partie civile dans le cadre de la plainte pénale pour obtenir des dommages et intérêts. En parallèle, tu peux saisir le tribunal civil. En pratique, les squatteurs sont souvent insolvables, ce qui rend le recouvrement difficile. Si le préfet a refusé le concours de la force publique pendant plus de 2 mois, l'État peut être condamné à toi indemniser (responsabilité de l'État pour défaut de concours).

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