📝 Les étapes à suivre
Comprends ce que dit (et ne dit pas) la loi sur la chaleur au travail
Le Code du travail ne fixe aucune température maximale. En revanche, l'employeur a une obligation générale de sécurité (article L4121-1) et, depuis le décret n°2025-482 du 27 mai 2025, des obligations spécifiques dès qu'un épisode de chaleur est signalé par Météo-France (vigilance jaune, orange ou rouge). À titre de repère, l'INRS considère que la chaleur peut présenter un risque au-delà de 28°C pour un travail physique et de 30°C pour un travail sédentaire. Ces seuils ne déclenchent rien automatiquement, mais ils servent d'argument face à ton employeur ou à l'inspection du travail.
Vérifie que ton employeur respecte ses obligations canicule
Pendant un épisode de chaleur, ton employeur doit notamment : mettre à disposition de l'eau potable fraîche (au moins 3 litres par jour et par personne sur les postes sans eau courante, typiquement les chantiers), adapter l'organisation du travail (horaires décalés, pauses supplémentaires, report des tâches pénibles aux heures les moins chaudes), aménager les postes (ventilation, zones d'ombre, locaux rafraîchis) et informer les salariés sur les risques et les gestes de prévention. Le risque chaleur doit aussi figurer dans le document unique d'évaluation des risques (DUERP). Si rien de tout ça n'est fait, note-le par écrit (mail au manager ou aux RH) : cette trace te servira ensuite.
Évalue si tu peux exercer ton droit de retrait
Le droit de retrait (article L4131-1 du Code du travail) te permet de quitter ton poste ou de refuser de t'y installer si tu as un motif raisonnable de penser que la situation présente un danger grave et imminent pour ta vie ou ta santé. Une chaleur extrême peut le justifier, surtout combinée à d'autres facteurs : travail physique, absence d'eau fraîche, local non ventilé, vulnérabilité particulière (grossesse, pathologie cardiaque…). Attention : le droit de retrait s'apprécie au cas par cas. 30°C dans un bureau climatisable ne suffira probablement pas ; 38°C sur un toit en plein soleil sans eau, très probablement oui.
Exerce le droit de retrait dans les règles
Aucun formalisme n'est exigé, mais protège-toi : préviens immédiatement ton employeur ou ton manager (oralement puis par écrit, mail ou SMS) en décrivant précisément le danger (température constatée, absence de mesures, symptômes ressentis). Reste à disposition de l'employeur : le droit de retrait n'est pas un droit de rentrer chez toi sans prévenir. Si ton retrait est justifié, l'employeur ne peut ni te sanctionner ni retenir ta paie. S'il est jugé abusif, une retenue sur salaire est possible : d'où l'intérêt de documenter la situation (photos du thermomètre, bulletin de vigilance Météo-France, témoignages de collègues).
BTP et travail en extérieur : pense à l'arrêt intempéries canicule
Depuis 2025, la canicule est officiellement reconnue comme une intempérie dans le BTP. Concrètement : en cas de vigilance orange ou rouge canicule, ton employeur peut (et doit, si le travail devient dangereux) arrêter le chantier. Tu es alors indemnisé au titre du chômage intempéries (environ 75 % de ton salaire), pris en charge via la caisse CIBTP. Tu ne peux pas déclencher l'arrêt toi-même, mais si ton employeur maintient le chantier dans des conditions dangereuses, signale-le au CSE et à l'inspection du travail — et le droit de retrait reste possible.
Demande des aménagements : télétravail, horaires décalés, avis du médecin du travail
Il n'existe pas de droit automatique au télétravail pendant la canicule, mais rien ne t'empêche de le demander, surtout si ton poste le permet et que les locaux sont mal climatisés : l'employeur qui refuse tout aménagement s'expose à un manquement à son obligation de sécurité. Si tu es enceinte, senior, ou atteint d'une pathologie aggravée par la chaleur, prends rendez-vous avec le médecin du travail : il peut préconiser des aménagements que l'employeur est tenu de prendre en compte.
Si l'employeur ne fait rien : CSE, inspection du travail, accident du travail
Alerte d'abord les représentants du personnel (CSE), qui disposent d'un droit d'alerte pour danger grave et imminent. En parallèle, tu peux saisir l'inspection du travail (DREETS de ton département) : le signalement peut être anonyme et l'inspecteur peut imposer des mesures, voire faire arrêter des travaux. Enfin, si tu fais un malaise lié à la chaleur sur ton lieu de travail, c'est un accident du travail : fais-le constater et déclarer comme tel (prise en charge à 100 % et indemnités journalières plus favorables).
Pas de panique !